L'usure dans le Salamat, quand la dette dévore la récolte avant même la moisson
Ils se lèvent avant l'aube. Ils travaillent sous un soleil de plomb. Ils prient pour la pluie et tremblent à chaque annonce de sécheresse. Les paysans de la province du Salamat portent sur leurs épaules une terre généreuse, mais aussi, depuis des mois ou des années, le poids écrasant d'une dette qu'ils n'arrivent jamais vraiment à rembourser. Derrière leurs silences se cache une réalité brutale : l'usure. Cette vieille pratique prédatrice ronge les campagnes de la province comme un termite. Un terroir aux promesses immenses, des paysans aux mains vides La province du Salamat est une terre rrosée par le fleuve Bahr-Azoum, elle recèle des potentialités agro-sylvo-pastorales et halieutiques parmi les plus riches du Tchad. Ses plaines limoneuses sont favorables à la culture du mil béréberé, du sorgho, du sésame, du riz, du maïs etc. Ses eaux poissonneuses font vivre des générations de pêcheurs autour d'Am-Timan, des villages riverains et même des zones lointaines. P...