Béréberé en chute libre, la bonne récolte qui ruine les producteurs du Salamat
On l'appelle le « Grenier du Tchad ». Le Salamat, au sud-est du pays, est une province riche de ses terres, de ses cours d'eau, de ses forêts et de ses pâturages. Cette année encore, la saison agricole a tenu ses promesses : la récolte de béréberé, la céréale reine de la région, a été particulièrement bonne. Les greniers débordent. Mais sur les marchés d'Am-Timan et dans les villages alentour, les visages des paysans ne rayonnent pas. Ils portent une fatigue qui va au-delà des muscles. Le prix du béréberé s'est effondré. Vendre ne couvre même plus ce qu'il a coûté à produire. Pour ces hommes et ces femmes dont toute la vie tourne autour de cette céréale, une bonne récolte est devenue, cette année, une mauvaise nouvelle. Des champs généreux, des poches vides Moussa Haroun a passé toute sa vie dans les champs. Agé d’une cinquantaine d’année, cultive le béréberé depuis qu'il est assez grand pour tenir une houe. Sur ses parcelles aux abords d'Am-Timan, il a ra...