Sécurité rurale, le défi de la validation des couloirs de transhumance à Pala



Face à la récurrence des tensions entre communautés rurales, la province du Mayo-Kebbi Ouest franchit une étape décisive. Sous l'impulsion du Délégué général du gouvernement, le contrôleur général de police Abdelmanane Khatab, un atelier de validation du couloir de transhumance s’est ouvert à Pala. Soutenu par l’organisation Wildlife Conservation Society (WCS), cet événement stratégique ambitionne de sanctuariser les parcours pastoraux pour garantir la sécurité des récoltes et restaurer un climat de confiance entre éleveurs et agriculteurs.


Au cœur de la zone soudanienne, le partage de l'espace et des ressources naturelles reste un équilibre fragile. L’augmentation de la pression démographique et les aléas climatiques ont, au fil des années, transformé la transhumance (autrefois vecteur d’échanges) en une source potentielle de frictions. C’est précisément pour désamorcer ces crises que les autorités civiles et militaires, les chefs traditionnels et les représentants des organisations de producteurs se sont réunis.


Le message porté par Abdelmanane Khatab est clair : la régulation n'est plus une option, mais une nécessité régalienne. En balisant des couloirs de passage précis, l’administration entend protéger les champs agricoles, piliers de l’économie locale, tout en offrant aux pasteurs des voies sécurisées pour leurs troupeaux. L’objectif est de transformer la contrainte du mouvement en une opportunité de développement partagé.


Le rôle de la Wildlife Conservation Society (WCS) dans ce processus est primordial. En apportant son expertise technique, l'organisation aide à concilier les impératifs de la biodiversité avec les besoins socio-économiques des populations. La validation de ce couloir ne se limite pas à un simple tracé sur une carte ; elle représente un contrat social. Les discussions ont permis d'aborder les défis logistiques, la gestion des points d'eau et, surtout, les mécanismes de médiation en cas de litige.


En misant sur le dialogue et la délimitation concertée des terres, la province du Mayo-Kebbi Ouest pose les jalons d'une stabilité durable. Si la validation de ce couloir est une victoire administrative, son succès futur dépendra désormais de l’appropriation du projet par les acteurs de terrain. Car au-delà des tracés géographiques, c’est bien la culture de la coexistence pacifique qu’il s’agit de fertiliser.


Geg rep

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