Énergie | une initiative citoyenne pour une gestion locale et rigoureuse de l'électricité à Am-Timan
À Am-Timan, chef-lieu du Salamat, l'électricité est depuis longtemps synonyme de frustration et d'impuissance. Mais un jeune ingénieur africain, animé par la conviction que la souveraineté scientifique commence chez soi, propose une rupture radicale avec la résignation. Son idée est de mobiliser 200 jeunes, constituer un fonds de garantie de 200 millions de FCFA et prendre en main, dans un cadre légal et rigoureux, la gestion déléguée de l'électricité locale. Non pas comme une promesse de plus, mais comme un projet structuré, chiffré et porté par une jeunesse qui veut investir, gérer et servir. Une voix qui mérite d'être entendue.
Par Abdoulaye Zakaria Ahmat
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Et si la solution pour l’électricité d'Am-Timan venait aussi de ses propres fils et filles ?
Depuis trop longtemps, la question de l’électricité est vécue comme un problème sans issue. Pourtant, une autre voie est possible : une voie fondée sur l’organisation, la responsabilité, la compétence et l’engagement local. Notre proposition est claire : si 200 jeunes s’unissent et cotisent 1 million de FCFA chacun, nous pouvons constituer un fonds de garantie de 200 millions de FCFA pour accompagner une gestion déléguée de l’électricité à Am-Timan, dans un cadre officiel où l’État reste propriétaire, mais confie l’exploitation à une équipe locale sérieuse, suivie et évaluée.
L’objectif n’est pas de faire des promesses creuses. L’objectif est de mettre en place une méthode de fonctionnement rigoureuse. D’abord, il faut commencer par un audit technique et administratif : état réel des groupes électrogènes, du réseau, des abonnés, des pertes techniques, des impayés, des besoins en personnel et des urgences de maintenance. On ne peut pas bien gérer ce qu’on ne connaît pas précisément.
Ensuite, il faut mettre en place une équipe réduite mais compétente, recrutée sur la base du mérite et non du favoritisme : un responsable d’exploitation, un responsable technique, un responsable commercial et facturation, un responsable carburant et logistique, des électromécaniciens, quelques agents réseau, des agents de caisse et de contrôle. Le recrutement doit être utile, progressif et orienté vers la performance, pas vers la surcharge salariale.
Le fonds de garantie de 200 millions FCFA ne serait pas de l’argent à disperser. Il servirait à sécuriser le démarrage : maintenance prioritaire, fonds de roulement, organisation du service, contrôle interne, logistique et surtout négociation avec le fournisseur de carburant. Sur ce point, notre stratégie doit être intelligente : aller vers le fournisseur avec un contrat clair, un planning de consommation, un mécanisme de paiement en fin de mois, et surtout un fonds de garantie réel qui prouve notre crédibilité. On ne négocie pas seulement avec des paroles ; on négocie avec une organisation, des chiffres, des garanties et une discipline de gestion.
Mais la clé du succès ne sera pas seulement le carburant. La clé sera aussi le recouvrement. Une société d’électricité ne peut pas survivre si le courant est consommé sans être payé. Il faudra donc instaurer une facturation stricte, des contrôles réguliers, la lutte contre les branchements frauduleux, et, à terme, des compteurs prépayés ou des systèmes modernes de sécurisation des recettes. Il faudra également mettre en place un suivi quotidien de l’exploitation : quantité de carburant consommée, heures de fonctionnement, production, pannes, encaissements, dépenses, rendement du réseau. Chaque litre de carburant, chaque heure de marche, chaque recette devra être suivie avec rigueur. C’est cela, la vraie gestion.
Notre vision est simple :
moins de désordre, plus de méthode ;
moins d’improvisation, plus de compétence ;
moins de discours, plus de résultats.
Cette initiative porterait aussi un message fort : la jeunesse d'Am-Timan ne veut pas seulement demander de l’emploi ; elle veut aussi investir, gérer, proposer et servir. Elle veut montrer qu’avec de la discipline, de la transparence et une vraie stratégie, il est possible de redonner confiance à la population et d’améliorer un service vital.
Nous ne parlons pas ici d’une aventure. Nous parlons d’un projet structuré, avec :
un cadre légal clair,
une équipe compétente,
un fonds de garantie,
un contrat fournisseur négocié,
une gestion stricte,
et une montée en puissance progressive.
Si l’État nous fait confiance, nous pouvons prouver qu’une jeunesse organisée, compétente et engagée peut contribuer concrètement à remettre l’électricité au service du développement d'Am-Timan.

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